San Francisco et la mer : si près, si loin. La cité toute entière fuit le rugueux océan, s’offrant à une baie bien plus pacifique. A San Francisco, pour aller vers l’océan, il faut sortir de la ville. “Outbound” annonce l’unique ligne de métro. Entre la ville et la mer, se dressent les collines de Twin Peaks et l’interminable et rébarbatif Sunset, se dresse sur le chemin. Dans les premières années de la ville, personne n’osait s’aventurer dans cette zone marécageuse, noyée dans le brouillard. Son surnom ? Outside Lands. Le quartier, fidèle a ses racines conserve un côté marécageux : marécage urbain semblant engloutir la folie du reste de la ville dans son train-train banlieusard.
Au bord de l’océan, entre la plage et les dernières maisons, s’étendent 3 miles d’une large route à quatre voies. The Great Highway. Douce ironie : le revêtement est délabré, les feux s’allument et s’éteignent sans vraiment arrêter personne.
Par endroit, on sent le sable prêt à repgagner son dû dès que les humains auront décidé d’abandonner leur lutte désespérée face brouillard. Seuls quelques surfeurs osent affronter le redoutable Pacifique. Parfois le soir, s’allument des feux de camp, rapidement délaissés dès l’arrivée soudaine du mordant de la nuit. On est bien loin de Malibu ou Santa Monica.
À San Francisco, l’attraction est ailleurs. L’océan ne fait pas partie de la ville. Outside.
Nul doute que Mark Kozelek évoque ses quelques miles de béton. On l’imagine bien, lui, le plus San Franciscain des musiciens, s’échapper de l’excentricité de la Mission. Marginal, pas avec les autres, sur Haight Street, mais marchant seul entre béton et sable, dans le No Man’s Land qui sépare la ville de son grand inconnu de voisin.
Au bord de la grand autoroute. A ghost of the Great Highway.



